OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 “Nous ne voulons pas payer pour un contenu que nous n’hébergeons pas” http://owni.fr/2012/11/05/nous-ne-voulons-pas-payer-pour-un-contenu-que-nous-nhebergeons-pas-google-eric-schmidt/ http://owni.fr/2012/11/05/nous-ne-voulons-pas-payer-pour-un-contenu-que-nous-nhebergeons-pas-google-eric-schmidt/#comments Mon, 05 Nov 2012 17:13:53 +0000 Andréa Fradin http://owni.fr/?p=125111 New York Times que sa firme ne paierait pas pour d'autres contenus que les siens. Entre les éditeurs de presse et Google, la trêve est loin d'être entamée.]]>

Portrait d'Eric Schmidt, PDG de Google par Paul Livingstone (CC-bync)

Lex Google : état des lieux

Lex Google : état des lieux

Oh, les jolis sourires crispés ! Ce lundi 29 octobre, François Hollande, accompagné des ministres Aurélie Filippetti ...

Entre Google et la presse, la situation se décante lentement. L’appel à l’apaisement, lancé dans les deux camps suite aux crispations des dernières semaines, semble avoir été entendu, dans l’attente de l’entame des “négociations” récemment souhaitées par François Hollande. Du moins en apparence. Car de son côté, Google continue tranquillement d’avancer ses pions. Et de camper sur ses positions.

“Nous ne voulons pas payer pour un contenu que nous n’hébergeons pas” a ainsi affirmé Eric Schmidt au New York Times, suite à sa tournée européenne. Bien sûr, le patron de Google garde une certaine mesure, assurant que les discussions avec François Hollande ont été “bonnes”. Mais fait aussi comprendre que le Président français n’est pas seul maître à bord. Et qu’il entend faire peser la voix de Google :

A chaque fois qu’il y a une négociation avec un gouvernement, il faut être très clair sur ce que l’on fera et ce que l’on ne fera pas. Et nous ne voulons pas payer pour un contenu que nous n’hébergeons pas. Nous sommes très clairs là-dessus.

Lex Google pour les nuls

Lex Google pour les nuls

Si les éditeurs de presse français n'ont pas encore déclaré officiellement la guerre à Google, le manège y ressemble. ...

Et le journal américain de commenter : “si la rhétorique de Google est toujours amicale, sa position est tout aussi ferme”. Le projet de loi soutenu par certains éditeurs de presse français et européens, qui demandent à Google de payer pour signaler leurs articles par des liens hypertexte, ne fait pas exception. Pour Eric Schmidt, c’est non. Le patron de Google a beau envisager une “sorte d’accord d’ici la fin de l’année”, rejoignant ainsi le souhait de François Hollande, il pose d’abord ses conditions. Et les expose dans la presse. Ses interlocuteurs sauront en apprécier l’ironie.

Certes subtiles, ces déclarations n’en tranchent pas moins avec les communiqués publiés par l’Elysée et Google suite à la rencontre de leur deux boss. D’un côté comme de l’autre, très peu d’informations avaient filtré. Encore aujourd’hui, il est difficile de connaître les modalités du “dialogue” et des “négociations” que François Hollande veut voir “rapidement s’engager et être conclusives d’ici la fin de l’année.”

Du côté de Google d’ailleurs, on affirme ne pas avoir connaissance d’un éventuel calendrier de discussions. Rien de tel n’aurait été “annoncé”, déclare-t-on à Owni. Et de seriner les éléments de langage d’usage : “Google discute depuis longtemps avec les éditeurs de presse”. Le mode de discussion resterait à les en croire inchangé.


Portrait d’Eric Schmidt, PDG de Google par Paul Livingstone [CC-bync] bidouillé par O.Noor pour Owni.

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Comment les États gèrent http://owni.fr/2012/10/16/comment-les-etats-gerent/ http://owni.fr/2012/10/16/comment-les-etats-gerent/#comments Tue, 16 Oct 2012 10:22:24 +0000 Nicolas Patte http://owni.fr/?p=122785 New York Times dans notre veille de journalisme de données aujourd'hui. Le duel entre Obama et Romney sera au couteau, et dans chaque État.]]> Capture d'écran du site New York Times

Capture d'écran du site New York Times

Veille data

Notre veille du jour en matière de journalisme de données, c’est cette jolie et efficace visualisation réalisée par Mike Bostock et Shan Cartner du New York Times.

Sa forme, appelée “diagramme de Sankey“, met en valeur un élément central de l’élection présidentielle américaine : les basculements historiques successifs des États pour un bord ou un autre – et par conséquent pour un candidat ou un autre. Chaque boîte de couleur (rouge pour les Républicains, bleu pour les Démocrates) représente un État proportionné à son nombre de votants ; chaque courbe montre comment le vote a dévié vers la droite ou la gauche au fil du temps.

Si la majorité des États sont assez constants sur le bord politique principal de leurs concitoyens, les choses sont très différentes dans ceux qu’on nomme les “swing states” : littéralement, les États qui oscillent, comme des pendules. Raison pour laquelle les candidats concentrent leurs efforts sur quelques régions durant leur marathon, comme la Floride ou l’Ohio. Ce dernier étant principalement apprécié puisqu’il a toujours donné le nom du vainqueur depuis 1964.

Un tel travail de datajournalisme – extraction de données complexes (à partir de l’atlas des élections présidentielles de David Leip) et mise en forme d’apparence simple et aisée à manipuler – offre une véritable occasion, en un coup d’oeil et quelques glissés de souris, de comprendre un peu mieux l’élection présidentielle américaine, scrutin sur lequel tous les yeux seront braqués dans exactement trois semaines.

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Les data en forme http://owni.fr/2012/07/03/les-data-en-forme-episode37/ http://owni.fr/2012/07/03/les-data-en-forme-episode37/#comments Tue, 03 Jul 2012 12:12:12 +0000 Paule d'Atha http://owni.fr/?p=115151 Une fois n’est pas coutume, nous allons ajouter une pincée de pédagogie à cette chronique hebdomadaire, 37e du nom et bonne première pour juillet. Et on en profite pour souhaiter de bonnes datavacances à tous nos lecteurs, comme ça on n’oubliera pas.

Discours de la méthode

Pour démarrer gentiment, explorons les 10 étapes pour élaborer une infographie du tonnerre [en] par Josh Smith, membre de l’éminent studio de design new-yorkais Hyperakt (dont on vous a récemment parlé). Ces dix étapes ont été mises en pratique au sein de cette agence grâce à l’expérience acquise dans le temps. Au vu de notre propre activité plus modeste de producteurs d’infographies (comme ici, ici ou encore ici), il nous semble que cette chronologie soit particulièrement appropriée pour tout projet “data” – infographie ou autre. Les 10 étapes pour faire un projet data selon Hyperakt : 1) récolter les données 2) tout lire 3) trouver le petit truc narratif 4) identifier les problèmes 5) créer une hiérarchie 6) faire une maquette 7) choisir un format 8) déterminer une approche visuelle 9) peaufinage et tests 10) publication. Le plus intéressant se trouve naturellement dans la démonstration cachée entre les titres.

Mise en pratique

Et pour mettre immédiatement en application cette méthode, nous avons repéré cette semaine trois infographies au style fort différent, mais qui nous semblent toutes particulièrement réussies.

La première, pondue par les maîtres en la matière : le New York Times, qui dépeint en une seule fresque les Résidents invisibles [en] décrits par le projet Microbiome Humain de l’Institut de la santé étasunien. Le défi était pour le moins colossal, puisqu’il s’agissait ici de représenter en une seule infographie un panorama général des microbes classés par familles, par localisation dans le corps, par quantité et par fréquence. Au final, le choix d’enfermer l’arbre de catégorisation naturel dans un cercle permet une représentation claire que n’aurait pas forcément permis un autre modèle géométrique. Ça n’a pas forcément l’air comme ça, mais le boulot de designer informationnel (so chic) c’est quand même un boulot compliqué.

Deuxième infographie, imaginée par l’équipe très efficace de l’Open Data Blog d’il Sole 24 ore : les investissements des fonds souverains, une affaire de 81 milliards [it] qui s’accroche à la gageure de mettre en peinture ce mécanisme de circulation du gros argent entre les pays qui disposent des réserves et les sociétés ou pays qui ont besoin de liquidités. Là encore, la scénarisation de l’infographie est plus ardue qu’elle n’en a l’air, car elle doit être légère en restant fidèle à la complexité des données, et elle doit être… jolie. Et de ce côté, c’est donc plutôt réussi.

La troisième infographie sélectionnée cette semaine est Game of Phones [en], une illustration chatoyante de la guerre sans merci que se livrent Apple et Google à travers leur plate-forme de téléchargement mobile. Le scénario, imaginé par la boîte d’analyse de données App Annie, consiste à poser des chiffres sur une cartographie imaginaire : il est assez courant. L’idée ici est naturellement de livrer un clin d’oeil médiéval à la série TV du moment en dessinant les contours d’un continent improbable à l’esthétique très ludique.

De l’interactivité

La visualisation de données n’est pas en manque de littérature non plus cette semaine. La lecture du papier en trois parties de Ben Jones, Data Visualisation : clarté ou esthétique ? [en] pose les bases d’une réflexion centrale du journaliste de données lorsque vient le moment de déterminer la meilleure façon de représenter une série de chiffres. L’auteur offre une grille de raisonnement qui prend en considération les atouts et les travers de la représentation lorsqu’elle privilégie un aspect plutôt qu’un autre (clarté ou esthétique, donc). Et synthétise des pistes pour marier au mieux ces axes en prenant en compte un troisième non moins important : l’impact causé par la visualisation.

Partant de cet enrichissement, on apprécie d’autant mieux lorsque le travail du journaliste de données est fortement documenté au point de dévoiler le cheminement in extenso qui a conduit une simple idée de représentation dynamique de la donnée à sa matérialisation finale sur le site (là encore) du New York Times. La dataviz en question date du 17 mai dernier et illustre l’introduction en bourse de Facebook en démontrant comment s’est déroulée celle de 2 400 autres sociétés “techno” et comment leur valeur boursière a évolué après trois ans. Sans surprise avec le NYT, c’est propre, clair, sans fioritures. Et il est donc particulièrement passionnant de se précipiter sur le blog de Kevin Quealy parce qu’il y conserve la trace de toutes les étapes de création de la visualisation pensée par la journaliste Amanda Cox et de sa petite équipe – et le processus créatif pour représenter des données assez complexes est d’autant plus intéressant à comprendre qu’on saisit bien la force des éléments coercitifs mentionnés plus haut : en gros ça doit être beau, mais ça doit être clair, mais ça doit être percutant.


Twitter superstar

Deux visualisations de données élaborées autour de Twitter ont tenté, elles aussi, d’adopter les bons principes de la semaine – en ne réussissant pas nécessairement à convaincre sur tous les fronts.

La première performance a été réalisée par Jeff Johnston. Son défi : représenter graphiquement les liens [en] qui unissent via Twitter les participants du festival Eyeo et mettre en couleurs l’évolution de ces relations à la suite de la manifestation. À défaut d’être très clair, au moins c’est joli.

Deuxième bel ouvrage, pondu par Nicolas Belmonte, est celui matérialisé à l’occasion de la fin de l’Euro de football : le “streamgraph” #Euro2012 montre “simplement” le nombre de tweets échangés durant la compétition en introduisant le paramètre lexical dans son analyse. Le plus intéressant ici est bien sûr que le dispositif capte quelle équipe est mentionnée pour chaque match et à quel moment du match ces mentions se produisent. À défaut d’être très joli, au moins c’est clair.

Beau job

Nous terminerons cette semaine 37 avec une présentation (meow) très complète et une réflexion non moins passionnante sur le(s) métier(s) du journalisme de données : les huit chapeaux de la visualisation de données [en]. Plus qu’un simple agrégat d’idées sur la meilleure manière de représenter la data, nous avons là un alignement convaincant d’arguments militant en faveur de la constitution d’un journalisme de données d’équipe tel que nous le pratiquons chez Owni, préférant la somme de talents hors-norme plutôt que la structuration indivise de combattants compétents en tous points mais spécialistes d’aucun. À ajouter, donc, à toutes ces lectures estivales qui réchaufferont les cœurs et les esprits.


Tous les épisodes précédents des Data en forme.
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Les data en forme http://owni.fr/2012/06/19/les-data-en-forme-episode35/ http://owni.fr/2012/06/19/les-data-en-forme-episode35/#comments Tue, 19 Jun 2012 14:05:25 +0000 Paule d'Atha http://owni.fr/?p=113923 Owni.]]>

Une data viz en Une du Monde lemonde.fr/journalelectro…
— Eric Scherer (@EricScherer) Juin 11, 2012

Puisqu’on vous dit que vous êtes au bon endroit ! La “data” est partout, elle est même en “une” du Monde papier (bon, elle est un peu biaisée, mais l’idée est là) et ça ne va pas s’arranger. Rien que pour cette semaine, on vous parle vite fait de trois actualités Owni avant de passer à la veille proprement-dite.

Owni Actu

Primo, votre chronique hebdomadaire des Data en forme (35e épisode sous vos yeux) est désormais en “vedette” du Parisien (papier + web) le week-end. Alors oui, c’est un condensé, un extrait, un florilège, et ça vient quelques jours après la parution originelle de la veille des journalistes de données d’Owni. Mais on ne boude pas notre plaisir qu’un sujet a priori calibré pour les geeks et autres énergumènes à la marge figurent dans un canard aussi populaire, aussi grand public, aussi “mainstream” (brrrr) que Le Parisien. On va faire les Gramsci de bazar, là, mais la culture à portée de tous, etc.

Secundo, Owni soutient à 200% depuis hier et pour toute cette semaine une remarquable opération de journalisme participatif, ou média citoyen selon les goûts, bref de crowdsourcing : l’Opération Sodas des amis d’Open Food Facts (OFF).

Le principe de cet #opensoda d’OFF est très simple : libérer les informations nutritionnelles contenues dans ce que nous consommons chaque jour. Aujourd’hui, la transparence de ces informations est loin d’être acquise, notamment à cause des gentils lobbys qui s’occupent de pouponner notre santé. Avec Owni et TerraEco, OFF va changer la donne, en rendant parfaitement transparentes ces informations écrites en tout petit sur les emballages de notre quotidien, et cette opération à destination du bien-être général sera principalement propulsée par ses heureux bénéficiaires : les citoyens eux-mêmes.

Commençons donc avec les boissons gazeuses sucrées qui jalonnent notre petit parcours de consommateur : caramel et aspartame cancérigènes ? Sucres responsable de l’obésité ? Bulles qui piquent le ventre à en dévorer un steak ? À nous de jouer !

Tertio, Marie Coussin sera sur la scène ce mardi soir d’un Data Tuesday spécial #dataviz – dans le cadre de la manifestation Expoviz que nous vous avons déjà relatée. Marie y présentera le Véritomètre, plate-forme Open Data de vérification de la parole politique (“fact checking“) qu’Owni a réalisée avec i>TELE durant la présidentielle et qui a largement occupé les jours et les nuits de Paule d’Atha.

Infographie partout

Restons sur cette merveilleuse (et ancestrale) technique de visualisation de l’information. Dans notre sélection de la semaine – puisqu’il faut faire un choix – nous vous suggérons de vous pencher sur quatre projets très réussis.

Le premier est l’oeuvre de Power2Switch, une start-up de Chicago qui propose un outil de comparaison des différentes compagnies d’électricité et offre la possibilité au consommateur final de comprendre enfin ce qu’il paie grâce à un modèle de facture parfaitement original et inédit.

Le but : pas uniquement de faire joli, mais de parvenir à responsabiliser (et à faire économiser) le client en lui donnant une bien meilleure visibilité sur l’énergie qu’il consomme.

Le deuxième projet est l’oeuvre de Hyperakt pour la Fondation Thomson Reuters à l’occasion du G20. Après avoir pondu une série d’infographie l’an dernier afin de visualiser les cinq pays les plus dangereux de la planète, ce studio de design new-yorkais indépendant a remis le couvert avec les mêmes commanditaires pour mettre en lumière le “top 20 des meilleurs et des pires pays du G20 pour les femmes”.

Comme on peut s’y attendre, la France ne présente pas un visage époustoufflant – notamment sur les questions de représentation de la femme dans les instances et corps dirigeants du pays – mais en décrochant une 5e place derrière le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Australie, elle est en plus agréable posture… que l’hôte du G20 cette année, le Mexique, 15e du classement avec ses 300 femmes assassinées à Juarez l’an passé en toute impunité ou ses 25% de femmes abusées sexuellement par leur partenaire.

Le troisième travail choisi est une infographie (en anglais, encore une fois) déjà passée dans notre viseur mais qui circule de nouveau, démontrant qu’en matière de médias nous n’avons que “l’illusion du choix”. Où l’on y visualise, par exemple, que 90% des médias US étaient détenus en 1983 par 50 entreprises différentes, alors qu’aujourd’hui le contrôle est détenu par six mastodontes – dont le chiffre d’affaires annuel dépasse allègrement le PIB de la Finlande. Six géants qui gèrent aussi 70% de ce qui passe à la télé.

Où l’on y voit que la fusion de Comcast et NBC leur assure le contrôle de 20% des heures disponibles et le monopole de 11 marchés entiers dont New York et Chicago ; que 178 millions de personnes s’informent chaque mois avec des journaux appartenant à Time Warner ; que News Corp détient les plus gros journaux sur trois continents et ont “évité” de payer 875 millions de dollars en 2010 – ou encore que Clear Channel possède 1 200 stations de radio tandis que la loi lui interdit d’en posséder plus de 40, et que dans le Dakota du Nord elle possède même localement l’intégralité du réseau. Bref, une infographie qui est jolie et qui informe, et qui fait donc son boulot.

Dernière idée partagée cette semaine en matière de visualisation statique, celle du CV infographique. Le concept est au coeur d’une cogitation et d’une ferveur (ou inversement) depuis pas mal de temps, notamment avec une plate-forme comme Visualize.me. Ce précurseur se connecte à votre compte Linkedin pour vous pondre une représentation “épurée” (voire zen, hein) de votre parcours professionnel sous la forme d’une frise chronologique qui aurait avalé un mobile de Calder.

Dans le genre plus abouti – et surtout plus participatif – il existe donc, désormais CVgram. Alors attention : les goûts, les couleurs. Autant pondre un curriculum vitae ultrastylé pour en balancer plein les mirettes de son futur employeur, qui appréciera votre côté 2.0 (voire 3.0), pourrait être une merveilleuse idée, autant CVgram est également l’outil parfait pour réaliser un CV vraiment très très moche.

Tout est une question de finesse et de calibrage. Car – on le remet ici – une infographie qui fait son boulot est une infographie qui est jolie et qui informe. A bon entendeur, n’hésitez pas à vous inspirer chez les collectionneurs de CV infographiques, ce sont eux les spécialistes du bon goût (#oupas).

Streets of Philadelphia

Paule d’Atha est parfois sollicitée par des étudiants au cours de la rédaction de leur mémoire portant sur le journalisme de données. S’il est une question qui revient, souvent, c’est celle de la “nouveauté” du métier de data-journalist et précisément de la représentation “graphique” de l’information. Et la réponse, la même, inexorablement : bien sûr que non. Nous ne faisons qu’offrir un courant d’air frais et une régénérescence à une pratique qui existe depuis des lustres.

Pour preuve, ces cartes de la seconde moitié des années 30, qui démontrent comment, à cette époque, déjà, des firmes immobilières établissaient une cartographie discriminante (“redlining maps”) et comment cette pratique pourrait expliquer en grande partie la ségrégation résidentielle des grandes villes – ici aux États-Unis, à Philadelphie – mais l’idée est évidemment valable dans toutes les métropoles du monde.

Ciblée sur cette époque particulièrement critique, ce travail de cartographie discriminante déroule le spectre d’un racisme institutionnalisé : des zones à “prédomination” “italiennes”, “de couleur”, “juives” et des classes sociales (classées de “décadentes”, soit plus bas que les plus bas, jusqu’aux “classes les plus hautes”). Et la finalité, unique : cerner les quartiers “indésirables” afin de diriger les populations vers des bassins d’habitation qui “conviennent” à leur “groupe”.

Un bon gros pétage en règle du concept moderne de mixité sociale, poussé à l’extrême par ces Etats-Unis ségrégationnistes d’avant-guerre, puisqu’on découvre à travers ces cartes discriminantes qu’elles étaient accompagnées d’une autre “merveilleuse” pratique pleine d’humanité : note ton voisinage. Des “travailleurs” à “prédominance italienne” avec une “infiltration” de “nègres” : classe D. Les bailleurs et propriétaires s’y retrouveront pour éviter que les “nègres” en question puissent acheter leur maison, ou alors ailleurs.

Soyons sport

Une fois n’est pas coutume – et pour sauter du coq à l’âne – il nous est impossible de passer sous silence deux visualisations de données ayant trait au sport. Parce qu’elles le valent bien.

La première application est une version nettement améliorée (mais sans doute avec des moyens financiers très différents) de ce qu’Owni avait réalisé l’an dernier avec Eurosport autour du mercato de football. Cette année, une idée très semblable accompagne l’Euro2012 de l’UEFA : traquer le bruit généré sur Twitter par l’ensemble des joueurs participants à la compétition, une idée développée par la société Intactile Design avec l’aide de la technologie de Syllabs, une start-up française spécialisée dans l’analyse sémantique sur le web.

Aspect “social” couplé avec une grosse boîte à data (Opta, leader sur le marché), donne un résultat final (pour qui aime le foot, s’entend) qui s’appelle Stats n’Tweets et qui est plutôt convaincant : au moins l’application est-elle divertissante, ce qui est sans doute son objectif principal.

La seconde application cause basket US (NBA) mais elle joue, pour sa part, plutôt dans la Ligue des Champions de la data. Le méfait a été commis – pour changer – par trois journalistes de données du New York Times et l’analyse réalisée par un professeur… de géographie.

Le concept : démontrer grâce à un traitement de cartographie calorimétrique dans quelle zones du terrain les équipes finalistes de la NBA et leurs joueurs vedettes sont les plus dangeureux. C’est propre, c’est intelligent, c’est abordable aux profanes, c’est jQuery + CSS : c’est tout ce qu’on aime.

Effet papillon

Nous refermons cette veille hebdomadaire grâce à une vidéo dénichée par Eric Scherer, qui est “une infographie animée japonaise réalisée à partir de données publiques et illustrant l’activité sismique mondiale en 2011”. Le mois de mars au Japon se passe de commentaires.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Excellente data-semaine à tous !

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http://owni.fr/2012/06/19/les-data-en-forme-episode35/feed/ 3
Les data en forme http://owni.fr/2012/05/22/les-data-en-forme-episode31/ http://owni.fr/2012/05/22/les-data-en-forme-episode31/#comments Tue, 22 May 2012 12:22:31 +0000 Paule d'Atha http://owni.fr/?p=110892 Owni vous parlent de couteau suisse, de police utile, d'entrecôte-béarnaise-frites, de législatives et du côté obscur des données. Mais surtout, surtout... Ils vont vous faire chanter !]]> Après la faille temporelle de la semaine dernière pour cause de nouveau gouvernement à visualiser, ouvrons ce nouveau numéro des data en forme en mode “boîte à outil”. Nos collègues helvètes de datavisualisation.ch ont eu la bonne idée de mettre en ligne le seul, l’unique, le véritable couteau suisse du datajournaliste.

Tout comme le célèbre couteau rouge, selection.datavisualization.ch présente non seulement des outils essentiels pour toutes celles et ceux qui souhaiteraient jouer avec les données mais ils sont présentés de manière intelligente et ergonomique.

Trois filtres permettent de trier ces outils en fonction de ce que vous cherchez à faire : cartes, graphiques ou traitement des données. Cerise sur le gâteau, d’un simple clic vous pouvez afficher uniquement les outils qui ne demandent aucune connaissance en programmation ou au contraire ceux destinés aux codeurs plus expérimentés.

Police et bonnes pratiques

Pour rester dans les outils, remercions cette semaine l’ami Geoffrey Dorne pour avoir pointé une police de caractère qui pourrait vite s’avérer indispensable : la typo FF Chartwell. Grâce à la technologie Open Type, une fois installée sur votre système, cette typo va transformer un simple jeu de données en graphique bien designé.

Avec ses sept types de visualisations (bars, lines, pies et autres radars), et moyennant 119€, la police FF Chartwell semble un outil souple et très pratique pour créer des graphiques simples, beaux et facilement modifiables en peu de temps.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Après les outils, causons apprentissage et techniques avec les Malofiej 20, le Pulitzer du monde de l’infographie, créés en 1993 en hommage à Alexander Malofiej, cartographe argentin considéré comme l’un des pionniers de la dataviz. Cette année, comme les précédentes, les experts es-data du New York Times ont dominé la compétition.

Visual.ly propose une analyse détaillée, en 10 points, de leur travail qui donne quelques clés sur les raisons de leur efficacité. Définir un angle précis, respecter son audience, être agile et savoir utiliser des techniques variées…
Une saine matière à penser avant de plonger dans votre prochain projet data.

Mangez, buvez, visualisez !

Après ces nourritures spirituelles, basculons dans le concret de la matière pour explorer nos nourritures terrestres et les habitudes qui les accompagnent. L’entreprise américaine Massive Health a publié il y a quelques mois sur l’appStore l’application “Eatry”. Le principe est simple : prenez en photo ce que vous mangez et visualisez progressivement l’équilibre de votre régime alimentaire.

Ces cinq derniers mois, Massive Health, a ainsi récolté 7.68 millions d’avis concernant un demi-million de denrées alimentaires, le tout sur plus de 50 pays dans le monde. Ces données ont ensuite permis de construire l’application “We are what we eat” : un régal d’histoires tirées de ces nombreux chiffres, à commencer par une simple carte du monde montrant l’évolution de ce qui compose nos assiettes sur 24 heures.

C’est étonnant comme les bonnes résolutions culinaires s’évanouissent à la nuit tombée. Loin du matinal jus d’oranges fraîchement pressées, il semblerait que nous soyons nombreux à plonger dans la bonne entrecôte-béarnaise-frites le soir venu. Mais vous apprendrez également que les “quand”, “où” et “avec qui” sont aussi importants que le “quoi” quand on s’intéresse à ce qui comble nos vides intérieurs.

Emménager dans les données

Plus que jamais, les données sont partout, infographies et autres visualisations apparaissent dans de nombreux secteurs, hors du champ journalistique, on peut l’écrire : les charts sont trendy. Kelquartier par exemple, une bonne vieille start-up avec un “K” (mais sans “ooo”), a pris l’angle des données pour parler d’immobilier. Leur objectif avoué “changer le monde en aidant les Français à se loger mieux et moins cher”. Wow.

Résultat : un moteur cartographique de visualisation de “42.000 quartiers et petites communes de France”. Chacun peut y scruter le quartier de ses rêves (#oupas) sous toutes les coutures : type de population, revnu moyen, pourcentage de vote pour François Hollande au second tour de la présidentielle, résultats des lycées, taux de fécondité (???) et bien d’autres.

C’est étrange, mais je ressens devant cette France découpée en clichés (chiffrés certes) comme une désagréable sensation de “voyeurisme marketé”. Comme un petite quelque chose qui pourrait emmener vers un plus de corporatisme sociétal, pour ne pas parler de cloisonnement. Peut-être le côté obscur des données

Frontières friables

Restons dans la cartographie, réduisons le prisme à Paris et parlons legislatives. Jérôme Cukier, qui joue quotidiennement avec les chiffres pour l’OCDE, a sorti un bel outil pour les habitants de la capitale en prévision du prochain scrutin national.

Grâce à D3.js et en se basant sur les résultats des élections présidentielles, bureau de vote par bureau de vote, il a projeté ces données sur une carte découpée en circonscriptions. Il va même plus loin : sa web-application permet à chacun de jouer avec ces circonscriptions et ainsi de modifier l’équilibre gauche/droite sur l’ensemble de la capitale.

Sa datavisualisation pose une vraie question : quel est l’impact de ce découpage administratif sur le résultat final du scrutin ? Question importante vu que les redécoupages arrivent régulièrement et souvent de manière opaque pour les électeurs.

Pour ne rien gâcher, Jérôme nous explique dans l’un de ses derniers posts comment il a construit cette carte.

What You See Is What You Are

Un peu de “dat’art” pour terminer avec Marcin Ignac artiste, programmer, designer danois. Dans son projet “Every day of my life”, il visualise l’utilisation qu’il a fait de son ordinateur ces 30 derniers mois. Il n’est pas le premier à mettre en images ses données personnelles mais le résultat est assez classieux.

Chaque ligne représente une journée et chaque bloc de couleur, la principale application ouverte sur cette période horaire. Les trous noirs sont les périodes où l’ordinateur est éteint. C’est notamment intéressant de voir, année après année, la périodicité de zones de black-out et de celles de burn-out.

Les data en chantant

Pour clore cet épisode, je vous propose une douce mélodie qui devrait être l’hymne de l’internationale dataïste.

Allez, tout le monde avec moi : “I like checkin’ on charts”

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Les data en forme http://owni.fr/2011/12/12/data-googleviz-2012-monopoly-riots-london-queen/ http://owni.fr/2011/12/12/data-googleviz-2012-monopoly-riots-london-queen/#comments Mon, 12 Dec 2011 14:43:25 +0000 Paule d'Atha http://owni.fr/?p=90170 Rentrons dans le vif du sujet avec un concours qui a bien buzzé lors de son lancement, il y a moins d’un mois : le #Googleviz, clos depuis maintenant une semaine. On avait évoqué l’une des premières web-apps sorties, Retwhit2012, dans le dernier épisode des data en forme et le niveau était déjà sérieux. Ça se confirme.

La semaine dernière, alors que le jury délibérait, certains participants n’ont pas résisté à l’envie de partager leur création. Et vu la qualité des projets, le choix du vainqueur risque de se finir à coups de pelles : ça ne sera pas simple.

Mediarena, conçue et développée par Nils Grünwald, Stéphane Raux, Alexis Jacomy et Ronan Quidu est une bonne “datagifle”. Tout est là au premier coup d’œil : l’angle est clairement identifiable – comment les principaux médias en ligne traitent la présidentielle – et la prise en main plus qu’intuitive. En quelques clics, on joue avec les données et on fait défiler sur ce ring les noms des grands titres. Le cadeau bonux, c’est que derrière cette simplicité gage de lisibilité, Mediarena nous donne accès à bon nombre de données qui donnent du relief et de la profondeur à l’angle choisi.

Autre concurrent en lice, les concepteurs de “partie de campagne” (joli hommage à Raymond Depardon et son film “1974, une partie de campagne”). Si le design de leur web-app est un peu moins léché, leur mise en scène des données est vraiment intéressante et innovante. On entre par un nuage de tags qui donne un aperçu des principaux thèmes abordés par les médias et par les politiques (avec un petit graphique les comparant au survol de chaque mot).

Une fois le choix défini, le second écran nous immerge dans le “delta” (version HTML5 + canvas), les pieds dans la thématique et ses sujets affluents. En cliquant sur chaque terme on accède aux données : analyse de la tendance, affichage des sources (politiques et médiatiques) et même un listing des vidéos Youtube référentes. De quoi fouiller le sujet.

La team haploid a choisi elle un angle légèrement plus ludique, du moins dans la visualisation des données, avec son “Qui sera parachuté à l’Élysée ?”. Les candidats sont physiquement parachutés vers l’Élysée, point de gravité qui les attire tous, inexorablement. La base data pour chaque candidat étant son compte Twitter officiel associé à celui de sa formation politique, une corrélation entre le nombre de followers et le nombre de retweets permet de déterminer en live lequel est le plus proche du Saint-Graal.

Autour d’eux flottent les planètes des thématiques quotidiennes identifiées sur Twitter. L’interaction est, là aussi, assez intuitive avec, au survol, un affichage des liens entre candidats-volants et planètes-thématiques et, au clic sur chaque élément, l’affichage du fil Twitter correspondant.

La bonne data derrière ces premiers exemples, c’est que ce concours #Googleviz a déjà permis de remarquer de sacrées équipes. De quoi émoustiller le timide milieu de la dataviz hexagonal.

Open Data sans data

Avant de filer vers les datas non-hexagonales, sortons le saint-tag #opendata pour regarder du côté de ceux qui essaient de nous faire préférer le train. data.sncf.com, dix lettres et deux points qui ont de quoi faire saliver quelques csv-dépendants. Seulement voilà, une fois la page d’accueil chargée, on reste pantois : pas un seul jeu de données à se mettre sous l’tableur. Le site est un appel à débat comme le souligne cette bondissante baseline : “Open data, open débat”. Pour le modèle “gagnant-gagnant” prôné dans le court texte de présentation, on repassera.

Chers transporteurs d’humanités, sachez que l’Open Data est un débat depuis quelques temps déjà et que le meilleur moyen de le faire avancer eût été de nous lâcher vos données. Pour l’innovation, côté des détenteurs de données, on attendra.

Traquer les rumeurs

Prenons l’avion pour aller faire un tour outre-manche. Nos amis du Guardian, qu’on ne présente plus en matière de journalisme de données, ont encore fait joujou avec quelques chiffres pour notre plus grand plaisir. Le concept de longue traîne ne leur étant pas non plus inconnu, ils sortent une très belle visualisation interactive sur un événement qui a près de quatre mois : les émeutes londoniennes.

Alastair Dant et ses collègues ont décidé d’analyser l’évolution des rumeurs sur Twitter pendant ces évènements. “Les émeutiers ont libérés les animaux du zoo de Londres”, “les émeutiers se font leurs propres sandwichs dans les Mc Do”… À vous de choisir parmi sept rumeurs – cinq fausses, une infondée et une avérée – pour visualiser leur évolution. Le replay est intelligemment construit, avec notamment l’identification visuelle des tweets favorables, opposés, interrogatifs ou simplement commentant les faits et la mise en avant de moments clés où la diffusion de la rumeur se modifie. Et, comme au Guardian ils aiment partager, ils nous livrent un making of de cette datavisualisation qui permet notamment de comprendre l’importance d’un travail d’équipe intégrant : journalistes, développeurs, designers et universitaires.

Unes VS Twitter

Direction le sud de l’Europe et l’Espagne : autre mouvement, OccupyWallStreet, et autre visualisation signée Numeroteca. Si le rendu manque cruellement de possibilités d’interaction pour mieux saisir les données, le principe mérite que l’on s’y arrête. Le but est de matérialiser un comparatif entre le traitement du sujet à la une des grand journaux américains et le nombre de tweet/jour sur ce même sujet. Le rendu visuel permet non seulement de comparer les deux présences médiatiques sur un graphique mais on visualise également la place physiquement accordée sur la page de une. Le même type de travail a été mené pour comparer le traitement à la une des principaux journaux espagnols et sur Twitter du printemps arabe.

Des recherches à suivre, notamment lorsque l’on sait qu’un Hackathon sur le sujet #OccupyData s’est tenu le 9 décembre dernier et que les pistes qui s’y sont dessinées sont accessibles directement dans un GoogleDoc en libre accès.

Au-delà du chaos

Passons outre-atlantique pour aller crowdsourcer le futur de l’informatique. C’est ce que propose le New York Times à travers une efficace timeline verticale qui répartit le sujet sur quatre grands thèmes : calcul, intelligence artificielle, transports et mode de vie et communication. Rien ne sortant de rien, ce sont les bases qui apparaissent en premier avec tout l’historique de l’informatique au sens large depuis les bâtons de Napier en 1617 jusqu’à 2011 année historique où Waston, super-ordinateur conçu par IBM, a battu les deux champions du jeu américain “Jeopardy!”.

Puis c’est le grand saut. De quoi demain sera fait ? À partir de 2012, c’est un grand tableau noir où s’affichent les prédictions proposées par les audiences. L’espace pour laisser sa propre prospective est aujourd’hui clos mais vous pouvez toujours interagir de deux façons différentes. Soit en déplaçant les événements affichés sur la timeline post-2011, soit en votant pour les propositions qui vous semblent les plus intéressantes, réalistes #oupas. Les mieux notées seront progressivement insérées dans la partie prédictive de la timeline.

DataTriche et WTF

L’hiver approche et avec lui le cliché des longues soirées au coin feu qu’il va bien falloir occuper. Si certain(e)s d’entre vous aiment le jeu, possible que vous ressortiez dans les semaines qui viennent ce bon vieux Monopoly qui prend la poussière depuis un an. Alors laissez-moi vous donner un tuyau. Il y a un développeur californien nommé Ben Jones qui s’est amusé à modéliser les statistiques issues de 60.000 parties aléatoires. Son “Dominate Family Game Night” présente un tableau de bord des différentes stratégies de jeu en fonction de grandes tendances. Chut, je ne vous ai rien dit.

Avant de finir, on ne va pas, nous aussi, lancer un concours mais juste un appel : saisissez-vous des données WTF ! L’Internet mondial en est rempli et elles n’attendent que de folles petites équipes pour être visualisées. Tiens par exemple : les meilleures ventes de 45T/Singles de tous les temps (merci @Pirhoo) ou comment refaire un TOP50 2.0 avec en tête Tino Rossi et J.J Lionel.
Ou encore, pour rester dans le domaine des mélodies inoubliables, toute la correspondance de Wolfgang Amadeus Mozart et sa famille. Près de 1 400 lettres triées en fonction des dates, lieux, expéditeurs, destinataires, œuvres mentionnées. De quoi scrapper…

BRooeimn hhaapdsy

Reprenant la chronologie inversée du précédent “Les data en forme“, terminons cette semaine en musique avec une dataviz pour les oreilles. C’est du Queen et c’est la mythique Bohemian Rhapsody qui est joliment destructurée. Dans Bohemian Rhapsicord, créée lors du Music Hack Day de Boston, Jennie and Paul Lamere ont concrètement morcelé le morceau en une multitude de séquences pour nous laisser le rejouer à notre manière. Soit vous appliquez un des filtres qu’ils proposent (durée, volume, inversion, similarité), soit vous définissez une touche de votre clavier pour chaque segment et à vous de reconstruire le puzzle musical. Seul bémol : la web-app ne fonctionne que sous Chrome.

Allez, que l’#opentata et le #dadajournalisme vous inondent et à la semaine prochaine.

Retrouvez les précédents épisodes des Data en forme !

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http://owni.fr/2011/12/12/data-googleviz-2012-monopoly-riots-london-queen/feed/ 46
Le New York Times sauvé par internet http://owni.fr/2011/11/24/le-new-york-times-sauve-par-son-site-internet/ http://owni.fr/2011/11/24/le-new-york-times-sauve-par-son-site-internet/#comments Thu, 24 Nov 2011 16:49:49 +0000 Gaétan Mathieu http://owni.fr/?p=88182

Tous les matins, la Une du New York Times est plus prompte que n’importe quelle autre source d’information à déterminer quelles vont être les informations majeures dans les prochaines vingt-quatre heures.

Seth Mnookin n’a pas toujours été un défenseur du Times mais il connaît l’importance du journal.

Je ne dis pas que c’est forcément le meilleur, mais c’est en tout cas le plus important.

Et s’il ne croit pas à la mort très prochaine du journal, cet ancien collaborateur du Times se garde bien de s’avancer sur le long  terme.

Les choses ont changé, quand on regarde la dernière décennie, on se dit que l’avenir est quand même très incertain.

Souvent évoquée depuis 2009, la mort du Times aurait de nombreuses conséquences pour le monde de la presse. Et pourrait donner raison à ceux qui prédisent la fin de la presse papier pour 2020-2030. Mais tous les matins de la semaine, ce sont encore près de 900 000 Américains qui l’achètent . Un chiffre en baisse croissante depuis 2005. La dernière fois que le titre avait vendu moins d’un million de copies, c’était au début des années 1980.

Journal référence

La disparition du Times entraînerait d’abord le chômage de 1 300 journalistes. Un staff impressionnant, mais là aussi, en baisse constante depuis mars 2008. Après avoir dans un premier temps baissé de 5% le salaire de certains de ses employés, le journal avait fini par se séparer d’une centaine de journalistes au printemps 2008 et n’avait pas remplacé plusieurs départs en retraite. Un plan similaire, diminuant d’une centaine le nombre de journalistes, fut à nouveau mis en place en 2009. Le documentaire Page One, A Year Inside the New York Times, tourné à cette période, s’attarde d’ailleurs sur plusieurs journalistes, en poste parfois depuis plus de 15 ans et remerciés au nom de mesures d’austérité. Les premiers signes de cette politique ont été perceptibles dès 2006 avec de nombreuses coupes budgétaires. En cinq ans, les dépenses annuelles du journal ont baissé de 860 millions de dollars. Une politique de rigueur efficace qui a amené le journal à être enfin bénéficiaire en 2011. De l’argent certes, mais en contrepartie d’un appauvrissement du contenu se sont plaints plusieurs journalistes du quotidien. Certains n’ont pas apprécié que le budget pour les piges des journalistes non salariés ait été baissées de 15 % sur les trois dernières années.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Et si le New York Times est encore reconnu comme un journal de référence, c’est justement pour son contenu exhaustif, comme cela est écrit fièrement à la Une du journal “All the news that fit to print”. Au 620 West, 8e avenue, le gratte-ciel du New York Times, de l’architecte Renzo Piano en impose. La suprématie du Times, c’est aussi celle de son building, quatrième plus haut de Manhattan. À l’intérieur du bâtiment, la “newsroom” ressemble un peu à n’importe quelle autre bureau d’un journal, la vue en plus. Mais c’est le bruit, la vie qui se dégage du lieu, qui rappellent immanquablement Citizen Kane. Comme si l’information trouvait racine ici.

La rédaction du Times en 1942.

Sur le tempo du Times

Car si le New York Times est aussi respecté, et a autant d’employés, c’est aussi  parce que le journal “fait l’info”, comme l’annonce le sous-titre sur Twitter, “Where the conversation begins” ou encore la campagne de publicité dans le métro new-yorkais. Le titre se veut un modèle. Le journaliste doit quitter son bureau, parler à quelqu’un, et si possible pas seulement par téléphone. Faire son travail de journaliste en quelque sorte. C’est cette éthique, qui n’a que rarement était entachée, qui a permis de maintenir la réputation du titre et d’en faire aujourd’hui une référence. Il suffit de regarder les morning shows sur leschaînes américaines pour se rendre compte que la Une du New York Times sera au centre de l’actualité durant la journée. « C’était encore plus flagrant il y a quelques années. Quand ce n’était pas dans le New York Times, ce n’était même pas une information », affirme Seth Mnookin. Un avis partagé par Bill Keller, directeur de la publication du Times de 2003 à septembre 2011.

Aucun média n’a jamais autant fait l’agenda que le Times. Même si  aujourd’hui il y a beaucoup de médias, le Times continue à avoir une influence considérable sur les conversations et les sujets d’actualité. Les blogs, les autres journaux nous poursuivent mais débattent encore autour des événements que nous couvrons.

Deux raisons à cela selon Bill Keller : le journalisme exemplaire et une couverture complète nationale et internationale.

L’information a un prix mais malgré la crise, nous continuons à couvrir une actualité très large, là où nos concurrents ont dû faire des sacrifices. Nous sommes une des seules publications a toujours avoir un bureau en Irak.

Ce sont ces coûteux grands reportages d’investigation notamment qui dictent l’actualité. Exemple le 26 février 2011 lorsque le Times publie une grande enquête très critique sur le gaz de schiste en Pennsylvanie. Le reportage relate notamment plusieurs échanges d’emails d’industriels prouvant que les avantages du gaz de schiste sont en-deçà des attentes. L’information, très largement reprise dans la presse écrite et à la télévision, remet en lumière les techniques très controversées de fracturation hydraulique. Suite à cet article, un élu démocrate a demandé à l’administration américaine de l’énergie de réévaluer le “potentiel” du gaz de schiste. Peu après la publication de l’enquête, plusieurs maires de West Virginia rejetteront les programmes d’extraction de gaz de schiste sur leurs communes sous la pression des opposants qui ne s’étaient que peu fait entendre jusque là.

Le Times reste dans la famille

Les États-Unis semblent très inquiets de la santé du Times.

C’est marrant, il y a quelques années encore, les gens étaient en colère contre le Times pour certains articles et ils nous disaient ‘j’espère que le Times va mourir’. Mais aujourd’hui on nous souhaite surtout de survivre. Tout simplement parce que la disparition du Times réduirait de manière drastique l’accès du public à une information fiable et qui a nécessité une investigation malgré la pression d’organisations.

Bill Keller l’affirme, la Maison-Blanche, même si elle était républicaine, serait préoccupée de voir le Times disparaître. «L’effet se ferait surtout ressentir sur la politique locale. Sans une presse puissante, la corruption et l’incompétence peuvent être terribles. On le voit hélas déjà » s’inquiète Bill Keller.
La presse, et même le concurrent Wall Street Journal, est aussi anxieuse quant au futur du titre. Détenu, à l’instar du New York Times, par une famille depuis plusieurs générations, le Wall Street Journal doit en partie sa survie au rachat du titre par Rupert Murdoch en 2007. Le New York Times a, lui, toujours à sa tête un descendant de la famille Ochs-Sulzberger, et ce depuis 1896. Succédant à son père aux commandes du journal en 1997, Arthur Sulzberger Jr. a dû faire avec les nombreuses rumeurs prédisant la mort de son titre. Le New York Post, une des rares publications qui ne pleurerait peut-être pas la fin du Times, n’avait d’ailleurs pas hésité à dire tout le mal qu’il pensait d’Arthur Sulzberger Jr., peu après sa nomination. Quatorze ans plus tard, on ne peut que reconnaître sa réussite. Depuis sa prise de pouvoir, le journal a pourtant connu plusieurs grosses crises. D’abord de confiance lorsque le journal publie sans vérifier que l’Irak est en possession d’armes de destruction massives, comme l’avait annoncé la Maison-Blanche.

« Cette affaire a prouvé que les gens sont en colère quand nos informations sont erronées. Ils comptent sur nous pour dire la vérité. Alors imaginez si on disparaît », certifie Bill Keller. Crise de confiance donc, et également financière. Mais Arthur Sulzberger Jr. a su, parfois contre l’avis de ses journalistes, faire évoluer très rapidement le titre.  Première mesure, doubler le prix de l’édition papier, de 1 à 2$. Les lecteurs du Times connaissent le coût d’une information de qualité, et ils ne sont que très peu nombreux à avoir déserté le titre suite à cette augmentation.

Le payant a été payant

La vraie révolution du journal a eu lieu en mars 2011 avec la mise en place d’un abonnement payant donnant accès à un contenu illimité sur le site internet. Par deux fois déjà, le Times avait tenté de faire payer certains de ses articles. La méthode avait toujours échoué. Cette fois, la réussite est au-delà des attentes. Fin juin, soit un peu plus d’un mois après la mise en place du système, 224 000 personnes ont déjà souscrit au New York Times sur internet, et 57 000 sur Kindle. Même les plus sceptiques, « dont Felix Salmon de Reuters » tient à rappeler Bill Keller, reconnaissent le succès. Mais cette stratégie ne s’est pas faite en un jour et a parfois divisé la rédaction. Il y a eu un an de discussions avant de choisir ce modèle. Évidemment, il y avait des critiques articulés de certains journalistes qui étaient réticents. Des dissensions au sein de la rédaction parfaitement résumées dans le documentaire Page One par le journaliste média du Times David Carr quand il évoque son confrère Brian Stelter :

I still can’t get over the feeling that Brian Stelter was a robot assembled to destroy me.

Brian Stelter, recruté par le Times grâce à son blog et à son interaction permanente avec les réseaux sociaux s’étonne lui que certaines informations de l’édition papier ne soient ni sur le site du journal, ni sur Twitter. Cette compétition entre le site internet et la version papier a d’abord forcé le journal à ne plus dissocier deux rédactions dédiées chacune à un seul support. Mais face à la perte de vitesse du journal, ce sont finalement les journalistes qui ont pressé la direction de trouver un plan permettant de faire payer les lecteurs sur internet.

Mon cœur me disait qu’il fallait que notre site soit payant, mais ma tête me disait qu’on ne peut pas prendre le risque de construire un mur devant notre site.

D’où la méthode finalement choisie. Vingt articles gratuits par mois. Entre 15 et 30$ pour l’accès illimité selon le nombre de supports choisis (ordinateur, tablette ou téléphone). Le plan prévoit également que l’accès aux articles du Times par les blogs, par Facebook ou par d’autres sites internet est quant à lui gratuit. Le succès de cette formule pourrait inspirer les autres médias, désireux de faire payer leur contenu aux lecteurs assidus sans se couper des lecteurs occasionnels. «Nous avons enfin dépassé l’idée que ‘l’information est gratuite, assure Bill Keller. Mais on doit être sûr que le contenu est d’une qualité que l’on ne trouve nul part ailleurs gratuitement. »

Lui, qui a cédé son poste à Jill Abramson, très familière avec le journalisme numérique, assure que le Times a trouvé un fonctionnement pérenne. « D’abord, on met l’information sur le site dès qu’elle est vérifiée. Ensuite, on l’ajuste selon les derniers développements. Enfin, on ajoute les éléments d’analyse pour être complet sur la version papier. Mais ça nous arrive de retenir une information exclusive pour l’édition du matin pour que les gens qui achètent généreusement notre journal l’aient en premier ! ». Et pour l’avenir du Times, il se veut confiant. Le succès du site internet lui a apporté la preuve que la presse de qualité n’est pas morte. Bill Keller peut quitter son poste soulagé. L’empire Murdoch a été touché et le New York Times n’a pas été coulé.

Images Nightscream (Own work) [CC-BY-SA-3.0 (www.creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons, Marjory Collins [Public domain], via Wikimedia Commons et CC Flickr Paternité whiskeyandtears

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Les data en forme http://owni.fr/2011/10/31/les-data-en-forme-2/ http://owni.fr/2011/10/31/les-data-en-forme-2/#comments Mon, 31 Oct 2011 08:00:12 +0000 Paule d'Atha http://owni.fr/?p=85048 Présenter les volumes d’importations et d’exportations des pays du globe, depuis 1962 : complexe ? Un peu, mais the Observatory of Economic complexity (l’Observatoire de la complexité économique), ne recule pas devant la difficulté, comme son nom l’indique. Son but est de “cartographier les chemins vers la prospérité”.

Pour cela, ils proposent, outre un atlas papier bien dense, une application interactive qui permet ainsi de visualiser d’un coup d’œil les évolutions des échanges commerciaux des pays. Le tree map, associé à la timeline, est particulièrement efficace. Testez sur les importations des États-Unis de 1962 à 2008, et regardez les carrés bruns (le pétrole) et bleus clairs (les véhicules). La hausse est impressionnante.

7 milliards d’humains et moi et moi et moi

Le 31 octobre, la population mondiale atteindra les 7 milliards, d’après un rapport de l’ONU. Un chiffre qui en a inspiré plus d’un cette semaine, dans la galaxie data.

Les graphistes de la société Éclairage public ont ainsi proposé un “tour de l’humanité en une infographie”. Le monde est représenté dans un cercle, et la valeur (suivant les thématiques : âge, sexe, langues, localisation, religion, conditions) vient s’afficher au-dessus à la manière des graphiques en donuts.

Le choix d’un principe graphique unique pour toutes les représentations facilite les comparaisons et permet de retenir aisément quelques éléments clés. Au hasard : l’espagnol est autant parlé que l’anglais (4,8% de la population mondiale), 48% de la population vit avec moins de 2 € par jour, 13,3% souffrent de famine.

La BBC et The Guardian ont conçu une application similaire mettant en perspective, non seulement ce chiffre sacré de 7 milliards, mais l’ensemble des données qui y sont reliées : espérance de vie, croissance démographique des pays du globe, etc.

La BBC, qui a visiblement – et à raison – un faible pour la personnalisation des données (rappelez-vous de How big really et de How many really qui reliait l’importance des événements historiques ou des catastrophes naturelles à votre propre zone géographique ou votre nombre d’amis Facebook), propose cette fois-ci de découvrir votre “numéro d’humain” ou plus exactement de savoir combien de personnes vivaient déjà sur cette terre le jour de votre naissance. Ainsi, Paule d’Atha, selon des calculs hautement scientifiques, et surtout si elle était une vraie personne, aurait été le 4 379 504 601e humain de cette planète.

Vous pouvez également voir les données pour votre pays, selon votre sexe et obtenir un résultat d’ensemble.

We are all data

Data + humain est une équation qui a également inspiré le designer Evan Anthony pour son projet Bits and Base Pairs. Ce dernier est parti de l’idée que l’ensemble des informations contenues dans notre ADN pouvait être compressé jusqu’à 4MB (c’est-à-dire la part réellement “individuelle” de chaque génome). De ce lien entre données digitales et données génétiques, il en a tiré une poétique vidéo.

Plus terre-à-terre, Craig McAnuff, graphic designer, s’est offert pour ses 22 ans une petite data visualisation de sa vie, sobrement intitulée “plan.my.life”.

Il a disposé, autour d’un cercle, tant ses projets professionnels (“get a job”, “become a teacher”, “retire”) que sentimentaux (“get married”, “have children”) ou de loisirs (“Japan, life time dream trip”), avec des précisions parfois étranges (“more children, with american accent”). Craig McAnuff précise qu’il s’agit surtout d’un projet étudiant et que, en tant que croyant, “this is just a visual of how I want parts of plan of my life to map out, but it’s all in God’s hands” (“c’est juste une image représentant la manière dont je voudrais que les différents aspects de ma vie se déroulent, mais tout ça est entre les mains de Dieu“). On est rassurés.

Revenons à du sérieux. Nous avons bien aimé cette cartographie simple mais parlante de la diffusion de l’énergie nucléaire, par la BBC qui représente le nombre de réacteurs nucléaires, par pays, entre 1955 et 2011. Radical.

Minute rétro

Il y a quelques semaines, le Guardian republiait ce qu’il considérait être son premier travail de datajournalisme, remontant à 1821.

Autre preuve de l’intérêt de se plonger dans le passé : Edward Tufte, professeur de statistiques, d’économie, de design d’informations, surnommé “le Léonard Vinci des données” par le New York Times, mettait en valeur sur son blog cette semaine le travail de Megan Jaegerman, qui a produit parmi les plus belles infographies du Times.

Parcourir ses plages sont comme une balade gentiment nostalgique dans l’infographie des années 1990. Et qui incarne particulièrement ce qu’Edward Tufte écrit à propos de Megan Jaegerman : “elle avait l’âme d’une journaliste, qui se retrouve à utiliser des graphiques, des tableaux et des illustrations – aussi bien que des mots – pour expliquer ses infos.” Difficile de mieux définir le journalisme de données, en fin de compte.

On apprend également plein de choses en se plongeant dans ces infographies : qu’un chat peut coûter jusqu’à 450 dollars par an à son propriétaire, ou comment faire un saut réussi depuis un plongeoir de dix mètres.

A l’inverse, cette infographie de Job Vine, qui représente le parcours d’embauche chez Google, n’est pas avare en formes et en couleurs… Et pourrait bien vous faire réfléchir à deux fois avant de postuler chez eux, sauf si vous ne regardez que la partie “salaires”…

Au croisement de la cartographie et de l’œuvre d’art, l’excellent site Brain Pickings met en valeur le travail de Paula Scher et de ses cartes. Un coup d’œil valant mieux que des longs discours, on vous laisse admirer.

Hope n’data

Deux initiatives à saluer sur la planète Open Data cette semaine : l’ouverture du site des données publiques de la Ville de Montréal (oui encore eux) et du gouvernement espagnol : qui fait d’ailleurs un travail particulièrement intéressant sur son site dédié au tourisme, avec des infographies colorées et sympathiques.

Du travail pour les vacances

Pour ceux qui s’ennuient pendant leurs vacances, on vous rappelle que le concours CheckMyMap, pour réaliser un nouveau plan du métro parisien, court jusqu’au 4 novembre.

Petit résumé des enjeux : lancée il y a presque un an, l’application CheckMyMetro a pour vocation de permettre aux usagers du métro parisien de s’échanger des informations sur l’état du réseau (retards, présence de musiciens, et… des contrôleurs, parfois aussi). Son fondateur Benjamin Suchar, a souhaité améliorer ce service en proposant aux utilisateurs de consulter les horaires et le plan du réseau. La RATP a alors demandé à Apple de bloquer l’application pour violation de la propriété individuelle qui s’applique sur le plan du métro. Pour contourner cet obstacle, CheckMyMetro a lancé avec l’agence Creads, l’opération CheckMyMap pour designer un nouveau plan du métro parisien. Tous les détails ici.

En parlant de RATP, nous n’avons pas pu nous empêcher de remarquer que même la Bible avait ouvert ses données avant la société de transports. Cette infographie a appliqué aux différents épisodes des livres de la Bible la technique de l’analyse de sentiment (positif/négatif). Résultat : si vous êtes dépressifs, évitez le Livre des Rois.

Surtout, allez jeter un coup d’œil au surprenant site openbible.info qui permet entre autres de télécharger les données géolocalisées de la Bible. A quand un crowdsourcing des miracles ?

Data, WTF

Pour finir cette veille de la semaine, deux liens un peu “What the f* ?” que nous avons eu du mal à catégoriser mais qui nous ont interpellés.

Baroque.me visualise la première Prélude des Suites pour violoncelle de Bach de manière mathématique. Le projet représente en effet les notes comme des cordes et transpose leur longueur et leur structure selon des points. Ou comment montrer de façon interactive et novatrice que la musique classique répond à des schémas organisationnels précis.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Enfin, bonne nouvelle : la data s’invite à votre table. Pour ceux qui auraient du mal à cuisiner et assortir leurs aliments, l’application par FoodParing vous permet de sélectionner un ingrédient (parmi une centaine dans la version gratuite) et de visualiser avec quel autre type d’aliments (ou de boisson) il se marierait le mieux : plus l’élément est proche, mieux il accompagnera l’ingrédient.

Bon datappétit.


Retrouvez les précédents épisodes des Data en forme !

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http://owni.fr/2011/10/31/les-data-en-forme-2/feed/ 5
Un nouveau paywall bien compliqué pour le New York Times http://owni.fr/2011/03/21/un-nouveau-paywall-bien-complique-pour-le-new-york-times/ http://owni.fr/2011/03/21/un-nouveau-paywall-bien-complique-pour-le-new-york-times/#comments Mon, 21 Mar 2011 14:30:36 +0000 Benoit Raphaël http://owni.fr/?p=52502 (Tous les liens sont en anglais sauf mention contraire)

À partir du 28 mars (et c’est déjà le cas au Canada), il faudra payer entre 15 et 35$ par mois pour lire le New York Times intégralement. C’est le modèle inventé par le journal américain qui revient à l’offre payante après un premier échec en 2005 : Times Select a été arrêté en 2007, après avoir rapporté 10 millions de $. A l’époque, Vivian Schiller insistait sur le fait que le modèle “avait fonctionné”, mais freinait l’accès au Times par les moteurs de recherche, et donc la croissance du média.

Aujourd’hui, la “Gray Lady” (le surnom du NY Times) revient avec un modèle très complexe, qui divise déjà les spécialistes.

Anil Dash, d’Experts Labs, le résume ainsi sur le Nieman’s Lab :

C’est très difficile de comprendre un modèle qui vous laisse lire 20 articles par mois, sauf si vous venez de Google, et dans ce cas c’est 150 articles par mois, mais seulement 5 par jour, sauf si vous avez payé 15$, 20$ ou 35$, sauf si vous avez déjà payé pour la version papier, mais seulement si vous êtes au Canada jusqu’à ce que le modèle soit élargi aux Etats-Unis…

Hum…

Essayer de prendre en compte d’où vient le lecteur

En résumé les trois offres payantes sont celles-ci :

  • 15$ pour l’accès web + mobile.
  • 20$ pour l’accès web + tablettes
  • 35$ pour l’accès aux trois supports.

Mais le système se complique pour l’accès gratuit progressif, destiné à éviter l’effet couperet du mur payant, qui a fait perdre au Times de Londres près de 90% de son trafic. David Cohn compare le modèle non pas à un mur mais plutôt à une rampe d’accès, ”comme celle de l’étoile noire dans Star Wars”, plaisante-t-il, sans doute pour souligner les vertus acrobatiques du système.

- Les abonnés au papier auront un “full access” (web+tablettes+mobile). Même si vous êtes abonnés seulement à la “week-end edition”.

- Par contre, l’édition Kindle doit être payée séparément (20$ par mois !) et ne donne pas accès au web.

- Vous pourrez lire jusqu’à 20 articles par mois, sauf si vous venez d’un “referer” c’est à dire que vous avez cliqué sur un lien depuis un blog, ou un réseau social comme Facebook ou Twitter. Après, précise Paid Content, c’est 3,75$ par semaine .

- Si vous venez de Google, c’est 5 articles par jour maximum. Ce qui veut dire que vous pouvez cumuler 150 articles par mois via le moteur de recherche + 20 via le site + autant que vous voulez via les réseaux sociaux (c’est Facebook qui va être content).

Trop compliqué, s’énerve Boing-Boing, qui se demande comment le NY Times va vérifier que l’internaute a dépassé son quota d’articles (un cookie ? une faille dans le navigateur ?) et surtout comment il va le justifier auprès des utilisateurs. “Personne n’est capable de se souvenir combien d’articles du NY Times il a lu dans le mois”, ni s’il venait de Google, d’un réseau social ou du site du journal lui-même, insiste le blog, qui prédit que les utilisateurs vont plutôt mal accueillir le message du NY Times les informant qu’ils ont dépassé leur quota, parce qu’ils seront incapables de vérifier si le robot se trompe ou pas.

Gordon Crovitz, ancien publisher du Wall Street Journal a fait ses calculs : le modèle payant va générer 100 millions de $, qu’il ajoute aux 150 millions de $ générés par la publicité digitale aujourd’hui. Il estime donc que la couche payante va s’ajouter aux revenus publicitaires sans les faire baisser. Crovitz justifie ses chiffres par les récupérées chez les clients du système de paiement en ligne pour les contenus, “Press +”, dont il est le fondateur. Paid Content tombe sur les mêmes chiffres.

Difficile de juger. Les prédictions sont partagées. Personnellement, je serai le dernier à jeter la pierre à des médias qui tentent de trouver des solutions pour payer leurs journalistes et la production d’infos de qualité. Le modèle publicitaire est payant pour quelques site, comme le Huffington Post et Politico, tous les deux rentables. Pour l’instant, personne n’a réussi à démontrer la viabilité d’un système de paiement du contenu d’infos, hors presse pro et business (payées par des professionnels), à large échelle. Des sites comme Mediapart commencent à voir le bout du tunnel  : ils prévoient la rentabilité en 2011, malgré une perte d’1,5 million en 2010, selon l’Expansion[fr], mais il est difficile de savoir ce que les utilisateurs paient vraiment : l’accès au contenu, la participation à un club (comme pour Le Monde.fr) ou un soutien au média ?

L’arrivée des tablettes n’a pas renforcé le modèle payant. Lequel ne peut-être envisagé que comme un supplément au modèle publicitaire. C’est à dire qu’il faudrait parvenir à faire payer une petite couche d’utilisateurs, sans détruire l’audience gratuite. La mécanique de la contrainte fonctionne plutôt bien pour les social games (les jeux sur les réseaux sociaux comme Farmville), mais il est très compliqué à faire fonctionner sur les contenus pour une raison simple : si une information importante est publiée sur un média payant, elle se retrouvera instantanément reprise par les autres médias, synthétisée, recoupée, voire enrichie.

Un modèle frustrant le lecteur

Le seul modèle que je vois aujourd’hui est celui de la couche payante façon club : vous payez un abonnement non pas pour avoir accès aux contenus, mais pour participer à un club, bénéficier d’avantages exclusifs (la carte Fnac, par exemple, est payante, mais vous permet de bénéficier de réductions et de facilités de paiement), voire de contenus exclusifs sous forme d’alertes ou de newsletters. Pour le reste, laisser l’accès libre à vos contenus amènera trafic, publicité, et un potentiel de nouveaux abonnés qui ne réagiront pas par frustration mais par envie. Bien plus positif.

Autre modèle : une sorte de Nespresso de la presse. Un contenu à super valeur ajoutée, dans un packaging de grande qualité (tablette, smartphone), associés à des services VIP valorisants et exclusifs, avec un effet club et réseau. Le tout porté par un marketing puissant, façon Apple ou Nespresso. Ce type de modèle s’adapterait parfaitement à une offre business ou conso.

Ce ne sont pas les choix du New York Times. Leur modèle a un avantage et deux faiblesses : il est suffisamment complexe pour laisser passer le trafic sans gêner la pub (à vérifier avec le temps, cependant), mais trop compliqué pour ne pas frustrer et énerver les utilisateurs habitués à la transparence et à la gratuité. Enfin, il est focalisé sur la vente de contenus, sans apporter d’autres avantages. Ce ne sera peut-être pas suffisant.

>> Illustrations FlickR CC by Kevin Prichard

>> Article publié initialement sur La Social Newsroom sous le titre Le New York Times dévoile son mur payant : trop compliqué ?

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La fin de l’autocensure http://owni.fr/2011/01/27/la-fin-de-lautocensure/ http://owni.fr/2011/01/27/la-fin-de-lautocensure/#comments Thu, 27 Jan 2011 09:07:00 +0000 John R. MacArthur http://owni.fr/?p=44084 J’avoue n’avoir pas été étonné d’apprendre, grâce à Julian Assange et à sa source dans la bureaucratie fédérale américaine, que le roi de l’Arabie saoudite souhaitait voir l’Amérique «couper la tête du serpent» iranien avec des frappes violentes contre son projet nucléaire. Il y a longtemps que l’on connaît la crainte d’Abdallah al-Saud à l’égard de son ambitieux rival iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Aucune personne suivant de près la politique du Proche-Orient ne serait choquée de la candeur de ce puissant chef arabe, si à l’aise avec ses amis américains qu’il n’hésite pas à leur demander d’entreprendre une troisième guerre dans une région où — il faut le dire — les États-Unis n’ont pas brillé ces derniers temps.

En revanche, j’étais vraiment surpris par la colère d’un copain exprimée le mois dernier dans le vestiaire du YMCA, outré non par la possibilité d’une Amérique déclenchant une autre guerre potentiellement catastrophique — encouragée par une famille royale grotesquement riche, autocratique dans sa politique intérieure et extrémiste dans son interprétation du Coran —, mais plutôt par les fuites «indiscriminées» de WikiLeaks. Selon mon ami, normalement de gauche et agrégé d’un doctorat de Princeton en littérature française, un «gouvernement ne peut pas fonctionner» sans pouvoir garder des secrets. Un gouvernement, que ce soit celui de l’Amérique ou celui des princes pétroliers de Riyad, doit pouvoir travailler en privé pour maintenir la confiance, voire la paix, entre nations.

En cela, mon copain de gauche tenait exactement la position d’Hillary Clinton, faucon centriste et anti-iranien, qui a dénoncé la dernière fuite de WikiLeaks, disant que «de voler des documents confidentiels et les publier sans tenir compte des conséquences ne sert à personne». C’est sûr que ça ne sert pas à la secrétaire d’État américaine ou à l’Arabie saoudite, mais Clinton a aussi parlé d’une menace contre la paix posée par la révélation des désirs meurtriers du roi Abdallah contre l’Iran: «Il n’y a rien de louable, rien de courageux à saboter des relations pacifiques, dont dépend notre sécurité commune.»

L’importance et la nécessité d’avoir un peuple informé.

Pris au piège dans ma tenue d’après-basket, les cheveux toujours dégoulinants, j’ai fait de mon mieux pour riposter au nom de la liberté. Ma réponse, toutefois, a manqué de perspective historique qui aurait pu corriger la méconnaissance de mon ami au sujet de son propre pays. Déjà, il avait oublié (comme notre chef de la diplomatie qui parle de câbles diplomatiques comme étant des biens privés) qu’en Amérique, contrairement à l’Arabie saoudite, le peuple est souverain — qu’il n’existe pas de gouvernement juridiquement distinct des citoyens.

Les érudits se disputent depuis toujours sur l’étendue de la souveraineté populaire, mais on ne peut pas esquiver la première phrase de la Constitution, «We the People of the United States…». En 1765, bien avant la révolution américaine, John Adams, l’un des pères fondateurs, a prononcé le plus éloquent sommaire de notre histoire sur l’importance et la nécessité d’avoir un peuple informé:

La liberté ne peut pas être préservée sans une connaissance générale parmi le peuple… Ils ont un droit, un droit incontestable, inaliénable, irréversible, un droit divin à ce plus redoutable et enviable genre de connaissance, je veux dire des caractères et de la conduite de leurs dirigeants.

Cela dit, du côté pratique, est-ce que Hillary Clinton et mon ami auraient raison de soutenir que les révélations de WikiLeaks entravent sérieusement les relations entre l’Amérique et ses alliés?

Remontons en 1971 à l’affaire de Daniel Ellsberg, le Julien Assange de l’époque. Lorsque le New York Times et le Washington Post ont publié des extraits, fournis par Ellsberg, de l’histoire secrète de la guerre au Vietnam commanditée par Robert McNamara, secrétaire de la Défense dans l’administration Johnson — un lamentable récit de mensonges et d’échecs cachés au grand public —, Ellsberg a été l’objet d’accusations de crimes et de trahisons encore plus violentes que celles lancées contre Assange.

Mais, en fin de compte, et c’est Ellsberg lui-même qui me l’a affirmé, son défi spectaculaire n’a pas accéléré la retraite des troupes américaines d’un pouce. En tout cas, les alliés de l’Amérique dans la guerre froide contre l’Union soviétique lui sont restés fidèles, et l’Amérique a continué son agression contre la gauche marxiste, là où ses intérêts se trouvaient menacés. La publication des «Pentagon Papers» et l’humiliation de l’armée américaine au Vietnam n’ont pas, par exemple, empêché Richard Nixon et Henry Kissinger d’encourager le coup d’État contre le président marxiste Salvador Allende au Chili en 1973. Parallèlement, il n’y a aucune indication que la publication des fuites de WikiLeaks par le New York Times au sujet de la guerre qui pourrit en Afghanistan va accélérer la retraite des forces militaires des États-Unis, pas plus que celles du Canada, de la France, et de l’Allemagne, où l’opposition populaire contre la guerre est plus forte qu’en Amérique.

le «peuple souverain» a appris la vérité à la Une du Times

En fait, le grand changement provoqué par WikiLeaks et la Toile mondiale se présente dans les relations entre médias traditionnels et gouvernements. En 2004, pas longtemps avant l’élection Bush-Kerry, un journaliste du New York Times, James Risen, a obtenu un énorme scoop: l’administration Bush, gonflée d’arrogance par le 11-Septembre et l’invasion de l’Irak, avait autorisé des écoutes illégales par l’Agence nationale de sécurité de nombreuses conversations de téléphones privées.

Au lieu de publier ces informations capitales, qui auraient pu faire basculer l’élection en faveur de Kerry, le directeur et le rédacteur en chef du Times se sont pliés à la demande de la Maison-Blanche de conserver un secret d’État prétendument essentiel dans la lutte antiterroriste; au fond, c’était la même logique employée par Hillary Clinton contre WikiLeaks. Plus d’un an après, le «peuple souverain» a appris la vérité à la une du Times, largement parce que Risen allait la dévoiler dans un livre.

En octobre 2004, il n’y avait pas de WikiLeaks auquel la source de Risen aurait pu faire appel. Aujourd’hui, je pense que le New York Times ne pourrait choisir l’autocensure.

Article initialement publié sur Le Devoir.com

Crédit photo flickr CC : Wallyg / Stian Eikeland /

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